Rentrée scolaire 2026 : 273 millions d’enfants et de jeunes dans le monde sont privés de scolarisation

Rentrée scolaire 2026 : 273 millions d’enfants et de jeunes dans le monde sont privés de scolarisation

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RAPPORT SUR LES DROITS DE L’HOMME

Rentrée scolaire 2026 : 273 millions d’enfants et de jeunes dans le monde sont privés de scolarisation

Septembre 2026

Introduction

À l’occasion de la rentrée scolaire 2026–2027, des millions d’enfants et d’élèves à travers le monde retournent dans leurs écoles et leurs salles de classe, porteurs de nouveaux espoirs d’apprentissage et d’un avenir meilleur.

Derrière cette image se cache cependant une réalité préoccupante en matière de droits humains qui ne doit pas être ignorée.

Selon les dernières estimations de l’UNESCO pour 2026, environ 273 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes dans le monde ne sont pas scolarisés, soit près d’une personne sur six en âge d’être scolarisée.

Parmi eux, environ 79 millions sont en âge de fréquenter l’enseignement primaire, 64 millions le premier cycle du secondaire et 130 millions le deuxième cycle du secondaire.

Ces chiffres montrent que la rentrée scolaire n’est pas une réalité accessible à tous. Alors que des millions d’enfants retrouvent leurs salles de classe, des millions d’autres restent en dehors du système éducatif en raison de la pauvreté, des conflits armés, des déplacements forcés, de la situation de réfugié, de la discrimination, de la destruction des établissements scolaires et d’autres obstacles.

1. L’éducation est un droit humain fondamental

L’éducation n’est ni un privilège ni un service facultatif. Elle constitue un droit fondamental garanti par le droit international des droits de l’homme.

L’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 reconnaît le droit de toute personne à l’éducation.

L’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels reconnaît également ce droit, tandis que les articles 28 et 29 de la Convention relative aux droits de l’enfant consacrent le droit de l’enfant à l’éducation et soulignent la nécessité de favoriser la fréquentation scolaire régulière et de réduire les taux d’abandon scolaire.

Le droit à l’éducation ne signifie pas uniquement l’existence d’un bâtiment scolaire. L’enseignement doit être disponible, accessible sans discrimination, de qualité et dispensé dans un environnement sûr respectant la dignité de chaque enfant.

2. 273 millions de personnes hors du système scolaire

Les données de l’UNESCO pour 2026 révèlent l’ampleur persistante de la crise mondiale de l’éducation.

Environ 273 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes en âge d’être scolarisés ne fréquentent pas l’école dans le monde.

Ce nombre comprend environ :

  • 79 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire ;

  • 64 millions en âge de fréquenter le premier cycle du secondaire ;

  • 130 millions en âge de fréquenter le deuxième cycle du secondaire.

Les données montrent également que l’exclusion scolaire n’est pas répartie de manière égale dans le monde. Elle est étroitement liée à la pauvreté, au niveau de développement, aux conflits armés et aux crises humanitaires.

Le chiffre de 273 millions ne constitue donc pas une simple statistique éducative. Il reflète un défi mondial en matière de droits humains, de développement, de lutte contre la pauvreté et d’égalité.

3. Pourquoi des enfants sont-ils privés d’éducation ?

Les causes sont multiples : conflits armés et guerres, déplacements forcés et situations de réfugiés, pauvreté et incapacité des familles à assumer les dépenses liées à l’éducation, destruction des écoles et des infrastructures éducatives, travail des enfants, mariage précoce, discrimination, manque d’enseignement adapté aux enfants en situation de handicap et éloignement des écoles dans les zones rurales ou isolées.

Dans de nombreuses situations, plusieurs de ces facteurs se combinent et rendent le retour à l’école encore plus difficile.

4. Les conflits armés et le droit à l’éducation

Les conflits armés constituent l’une des menaces les plus graves pour le droit à l’éducation.

Les guerres ne provoquent pas uniquement une interruption temporaire de l’enseignement. Elles peuvent entraîner la destruction des écoles, le déplacement des élèves et des enseignants, la perte de matériel pédagogique, la perturbation des examens, la transformation des établissements scolaires en abris et rendre dangereux le trajet vers l’école.

Les enfants réfugiés et déplacés à l’intérieur de leur pays sont confrontés à des difficultés supplémentaires liées aux documents officiels, aux barrières linguistiques, aux différences de programmes scolaires, au manque de places disponibles et aux difficultés économiques de leurs familles.

Priver un enfant d’éducation pendant plusieurs années de conflit peut avoir des conséquences qui perdurent bien après la fin des hostilités.

5. Gaza : une crise éducative sans précédent

La situation éducative dans la bande de Gaza constitue l’un des exemples contemporains les plus marquants de l’impact des conflits armés sur le droit à l’éducation.

Les dommages considérables causés aux établissements scolaires, associés aux déplacements de population et aux graves conditions humanitaires et sécuritaires, ont privé un grand nombre d’enfants d’un enseignement formel.

La perte de plusieurs années de scolarité n’est pas uniquement un problème éducatif. Elle menace l’avenir des enfants et accroît les risques de pauvreté, de travail des enfants, d’exploitation, de marginalisation ainsi que les conséquences psychologiques et sociales à long terme.

La restauration de l’éducation et la protection des établissements scolaires doivent donc constituer une composante essentielle de toute réponse humanitaire et de tout processus de reconstruction.

6. La pauvreté : lorsque l’école devient une charge pour les familles

Même dans les pays et régions qui ne connaissent pas de conflit armé, la pauvreté demeure l’un des principaux obstacles à l’éducation.

L’enseignement de base peut être officiellement gratuit, mais les familles doivent souvent supporter les frais de transport, de vêtements, de livres, de fournitures scolaires, de repas, d’équipements numériques et d’autres dépenses.

Les familles vivant dans une extrême pauvreté peuvent être contraintes de retirer leurs enfants de l’école afin qu’ils travaillent et contribuent aux revenus du foyer.

La lutte contre l’abandon scolaire nécessite donc également des politiques efficaces de protection sociale et un soutien aux familles les plus vulnérables.

7. Les enfants les plus exposés à l’exclusion scolaire

Certains groupes sont particulièrement exposés au risque d’être privés d’éducation : les enfants réfugiés et déplacés, les enfants vivant dans des zones de conflit armé, les enfants issus de familles pauvres, les enfants en situation de handicap, les enfants vivant dans des zones rurales ou isolées, les enfants apatrides, les enfants touchés par des catastrophes et des crises humanitaires ainsi que les enfants qui travaillent.

Dans certaines sociétés, les filles peuvent également rencontrer des obstacles supplémentaires liés à la discrimination, au mariage précoce ou aux conditions économiques et sociales.

Les politiques éducatives doivent donc répondre spécifiquement aux besoins des groupes les plus vulnérables.

8. L’école protège également l’enfant

Le retour à l’école présente une importance qui dépasse largement l’acquisition des connaissances.

L’école apporte aux enfants stabilité, sécurité, protection sociale et soutien psychologique. Elle contribue à identifier les situations de violence et d’exploitation et peut réduire les risques de travail des enfants, de mariage précoce, de recrutement, d’exploitation et de traite des êtres humains.

L’éducation en période de conflit ou de catastrophe ne doit donc pas être considérée comme une question pouvant être reportée jusqu’à la fin de la crise.

L’éducation constitue une composante essentielle de la réponse humanitaire et de la protection de l’enfant.

9. Responsabilité des gouvernements et de la communauté internationale

À l’occasion de la rentrée scolaire 2026–2027, nous appelons les gouvernements, les institutions internationales, les donateurs ainsi que les organisations humanitaires et de défense des droits humains à :

  1. Garantir l’accès à l’éducation pour tous les enfants sans discrimination.

  2. Accorder la priorité aux enfants réfugiés, déplacés et touchés par les conflits.

  3. Protéger les écoles, les enseignants et les élèves pendant les conflits armés.

  4. Reconstruire et réhabiliter les établissements scolaires endommagés par les guerres et les catastrophes.

  5. Soutenir les familles pauvres afin de réduire l’abandon scolaire et le travail des enfants.

  6. Garantir une éducation inclusive aux enfants en situation de handicap.

  7. Développer les programmes éducatifs dans les situations d’urgence et de déplacement.

  8. Fournir un soutien psychologique et social aux enfants touchés par les conflits.

  9. Développer l’éducation numérique tout en veillant à ce que la fracture numérique ne devienne pas une nouvelle forme de discrimination.

  10. Renforcer la responsabilité concernant les violations visant les établissements scolaires ou privant arbitrairement les enfants de leur droit à l’éducation.

Conclusion

À l’occasion de cette nouvelle rentrée scolaire, des millions d’enfants retrouveront leurs salles de classe, tandis que 273 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes resteront hors du système scolaire dans le monde.

Ce chiffre n’est pas une simple statistique.

Il représente des millions d’enfants et de jeunes dont les possibilités futures d’emploi, de développement et de participation à la société peuvent être compromises, ainsi que des millions de familles confrontées à la pauvreté, aux déplacements, aux guerres, à la discrimination et à d’autres circonstances empêchant l’accès à l’éducation.

Garantir le droit à l’éducation n’est pas uniquement la responsabilité des établissements scolaires. Il s’agit d’une responsabilité partagée entre les gouvernements, la communauté internationale, les organisations humanitaires et de défense des droits humains et la société civile.

En cette période de rentrée scolaire, la question ne devrait pas seulement être : combien d’enfants sont retournés à l’école ? Nous devons également nous demander : que ferons-nous pour les 273 millions qui en restent privés ?

Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’être humain, et protéger l’école, c’est protéger l’avenir de la société.